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AUX FRANÇAIS.

Le voilà donc conau ce secret plein d'horreur ! Depuis long-temps on s'étonnait de l'audace des libel, listes.

Cette audace allait toujours croissant.

On voyait le mal; il faisait tous les jours des progrès rapides.

On voyait un système d'avilissement et de désorganisation.

Déclamer contre la religion, attaquer les ministres dų Roi; crier à la violation de la Charte, semer l'inquiétude. dans l'esprit des acquéreurs des domaines nationaux, ca. lomnier les amis du trône, de l'ordre et de la paix ; s'achar Rer avec fureur contre les journaux qui signalaient en vain de coupables maneuvres, de sinistres projets : chercher à éteindre par le ridicule tous les sentiments généreux : travailler, avec une fausse dialectique et d'exécrables sophismes, à égarer l'opinion publique; faire circuler, étaler et vendre d'infames caricatures ; poursuivre de plaisanteries dégoûtantes les vieux compagnons de l'infortune et de l'exil des Bourbons; signaler comme ennemis de l'état ceux qui voyaient se former dans le lointain de nouveaux orages; comme fauteurs du despotisme, tous les amis du trône ; comme fanatiques, tous les défenseurs de la morale et du culte de nos peres ; essayer dans Paris des projets d'avilissement contre la religion de l'état ; essayer à Rennes des projets de révolte contre l'autorité légitime'; prêcher l'indiscipline et l'insubordination, dans le coupable dessein de désorganiser l'armée et de flétrir ses immortels lauriers; ramper d'abord dans l'onibre comme le serpent ; cacher son venin, le distiller goutte à goutte ; et puis, osant tous les

jours davantage, dans le silence des lois et de l'autorité, lever une tête hideuse, siffler avec furie et lancer le dard empoisonné avec l'audace accrue par l'impunité : Français ! c'est-ce que nous avons vu, c'est ce que nous voyons ; c'est ce que nous avons dénoncé, c'est oe que nous dénonçons encore.

Le voilà donc connu le secret de tant de criminelles fureurs ! le monstre voulait revenir, et il a reparu. Il fallait lui préparer les voies : les libelles, les calomnies, les défiances, les craintes répandues, rien n'a été négligé pour ouvrir le chemin. Le tigre n'avait pas assez déchiré sa proie: il voudrait encore la ressaisir ! Que tous les Français se rallient autour du trône des Bourbons ! le ciel de les a pas en vain rendus à notre amour : Louis-le-Désiré ne nous a pas en vain montré l'aurore du bonheur! Ce n'est pas lorsque nous commençons à respirer de vingt-cinq ans de crimes, de misere et d'alarmes ; lorsque les plaies de l'état se cicatrisent ; que chacun recueille en paix les débris d'un long naufrage ; qu'il bénit dans les descendants de St.-Louis, dans les enfants du grand Henri, des amis et des peres, des bienfaiteurs et des chefs légitimes; ce n'est pas lorsque nous sommes sortis avec un bonheur inespéré, qui ne se renouvellerait plus, avec une gloire que nous devons conserver, de l'effroyable lutte où la France pouvait périr ; ce n'est pas lorsque l'Europe attentive nous contemple et va nous juger; ce n'est pas enfin, lorsque se referme l'effroyable abime de nos malheurs, qu'on le verra se rouvrir à la voix d'un perfide usurpateur, couvert du sang du duc d'Enghien, lâche assassin du général Pichegru, qui prose crivit le général Moreau, exila le général Lecourbe, éloigna le général Macdonald, retint dans les fers le général Marescot, et tant d'autres guerriers ; qui se déshonora par le charlatanisme en Egypte, par la trahison en Espagne, par l'imprévoyance en Russie ; qui fit tom, ber des souverains dans ses piéges, et les retint captifs ; qui mutila les populations européennes, décima celle de la France, épouvanta le inonde de ses rapines et de ses fureurs ;, abandonna ses armées, aux grands jours du danger, dans les sables brûlants de l'Afrique, dans les déserts glacés de Moscovie, et perdit, par sa folie, quatre cents mille braves dans des désastres inouïs !....Non, il ne régoera plus. L'horreur qu'il inspira vit et s'accroit encore dans le sang et dans les larmes.

Un cri général d'indignation s'est déjà fait entendre.

Que nous apporte-t-il ? que veut-il ? qu'ose-t-il espérer ?

Il trouverait partout des meres qui pleurent leurs enfants, partout des victimes de sa tyrannie, partout des ennemis. Le sol français le repousse. L'arniée, fidele à ses serments, saura conserver l'immense héritage de sa gloire en défendant ses Princes légitimes, en protégeant la France contre l'ambitieuse démence d'un homme qui ne peut plus nous asservir. L'armée verra l'Europe, et la patrie et la pos. térité. Ses lauriers sont désormais inséparablement unis au panache blanc des petits-fils de Henri IV. Est-ce donc un soldat étranger, un Corse qui fit la gloire de l'armée française ? et n'est-ce pas l'armée française qui a fait la gloire du Corse et la fortune de l'étranger? et n'est-ce pas le Corse qui n'a su conserver ni sa fortune ni sa gloire ?

Les gardes nationales se prononcent avec enthousiasme. Elles se réunissent dans le Midi de la France pour la défense de leurs intérêts les plus chers, pour la sûreté de leurs familles et de leurs biens, pour le salut de la patrie et pour l'honneur de leurs foyers. Que les agitateurs, les perturbateurs, tous ceux qui regrettent les temps de la misere publique, et les jours affreux du despotisme, redoutent la surveillance des gardes natiopnales ! Le Roi et la patrie se reposent sur elles.

Toutes les autorités publiques signalent leur zelc. Voici le jour où LOUIS-LE-Désiré va conoaître combien les Français, peuple aimant et sensible, sont touchés de ses hautes vertus ; combien ils esperent dans sa sagesse : combien il doit lui-même compter sur leur dévouement ! Les intérêts des Bourbons et ceux de la France sont insé. parables. Leurs destins sont unis par l'honneur et l'amour. La France ne peut se sauver qu'avec les Bourbons, les Bourbons ne pourraient périr qu'avec elle !

Des traitres ou des insensés rêvent, les uns la république, les autres le retour du despotisme. Ils oublient que la France entiere repousse leurs paroles impies et leurscoupables veus. Ils oublient aussi que l'Europe, qui, selon les complices du tyran, compte aujourd'hui plus d'hommes sous les armes, qu'il n'y en avait en 1813, ne laisserait plus s'ouvrir l'un ou l'autre de ces volcans destructeurs qui troublerent si long-temps son repos et sa sûreté : en sorte qu'il s'agirait désormais pour la France comme dans le monologue d'Hamlet, d'être ou de n'être pas.

Ah! comhien sont coupables ces bâches écrivains, prédicateurs d'anarchie et de séditions, qui cherchent à renverser le trône de St.-Louis, à détruire le repos et le bonheur dont la France, si long-temps agitée, goûte à peine les premiers fruits ! c'est à l'époque même ou Buonaparté débarquait en Provence, que le quatrieme volume du Censeur a paru. Vous qui lisez ce libelle exécrable, frémissez ! les derniers freins sont enfin rompus. Nous avions annoncé, sans pouvoir assez nous faire entendre, que, fideles imitateurs des Camille-Desmoulins, des Loustalot et des Marat, qui, dans les deux premieres années de la révolution, préluderent au meurtre de Louis XVI, par l'éloge de ses vertus, eu exhalant toute leur rage contre ses ministres, les libellistes de 1814 et 1815, ne se borneraient pas toujours à crier: à bas les ministres ! vive le Roi! le Censeur leve aujourd'hui le masque, et le Roi lui-même est l'objet de ses brutales fureurs ; il suppose un projet d'ordonnances royales (pages 364-865); et dans sa coupable frénésie, il représente Louis XVIII COMPTANT POUR RIEN LES SENTIMENTS ET LE VEU DES PEUPLES !..C'est ainsi qu'il ose outrager, la majesté royale, calomnier le pele du peuple, qui ne vit que pour son bonheur, dont le coeur a été si souvent ému à la manifestation de son amour et de ses sentiments. Le même libelliste dénonce les deux chambres comme voulant renverser la Constitution: Les Chambres, dit-il (page 369), n'auraient-elles considéré la charte que comme une ordonnance arbitraire, et auraient-elles l'intention de la renverser ? Il continue d'attaquer, avec fureur, les ministres, les rois de l'Europe, et particulierement le roi de Sardaigne, qu'il appelle (pag. 367) une bête faudel...

Ainsi donc, il n'y a plus rien de sacré pour les libellistes ! Les écrivains, amis des lois et de la monarchie, pourraient-ils se plaindre encore d'être tous les jours exposés à des sarcasmes frénétiques, quand le tour des rois est venu, et que des plumes sacriléges osent attaquer et le trône et l'autel! Est-ce pour tout brouiller et pour tout perdre, que certains hommes réclamaient si violemment la liberté de la presse* ? N'ont-ils défendu la Charte avec des déclamations forcenées, et ne l'ont-ils hypocritement embrassée que pour mieux l'étouffer.

Si l'on pouvait douter de la participation des libellistes à de sinistres complots, il suffirait de lire ce passage du

* Parmi ceux qui la demanderent étaient des Français vertueux, amis de la monarchie et des lois ; mais qui, pour n'avoir

pas assez regardé dans le passé, voyaient tout en beau dans l'avenir.

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