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mit of her towers, her great defender, the invincible Dunois, made a melancholy speech in the depth of his heart. He envies those who have fallen in battle, and hesitates whether he shall die or yield up the town. So when a huge oak in the Appenines is assaulted at once with equal fury by the North wind and the South wind, it suspends its fall, and appears to consider whether it shall fall to the South or to the North. The simily merits to be preserved for its incomparable absurdity.

Comme lors qu'un grand chesne, aux roches Appennines,
Sent, par un choq de vents, ebranler ses racines,
Et, certain de tomber, voit son branchage espais,
Vers deux lieux, tour à tour, pancher son vaste faix;
Si le Nord et le Sud, meslès dans son feuillage,
Viennent à le pousser d'une pareille rage,
Il suspend sa ruine, et semble consulter,
Qui, du Sud, ou du Nord, le doit precipiter.

But at this instant, whether by chance or fate, he perceived a cloud bursting with the storm; the lightnings made the vaulted heaven like a furnace, and the deceived eye deemed the universe was in flames. Dunois instantly conceives that this is a hint from heaven, and resolves to destroy Orleans by fire. This horrible determination made a torch shine in each of his eyes; he collects together the people, and persuades them rather to destroy their town and themselves by fire, than yield to the English; an illustrious fury possesses all who hear him; they resolve to adopt his horrible advice in the last extremity, like the mariner who blows up his vessel to save himself from captivity, and makes a superb tomb of the ocean.

But Charles in refle&ting upon the inevitable loss of Orleans, felt his courage oppressed beneath a mountain of grief. He consults his chiefs, but despair made them silent, and he now considered death as his least evil. In this state his guardian angel presented the King of the Universe to his heart.

Below Chinon the Vienne waters in its course the mossy foundations of an hermitage where God was never supplicated in vain. A thousand silver lamps hang from its vaulted roof. Here Charles prostrates himself in prayer. “Sovereign of men and angels, let your mercy combat your justice for us. The French have committed an hundred crimes against you, but they are your children as well as your enemies; it is they who have so often covered the Idumean plains with their holy armies ; it is this chosen people who must hereafter unite all nations under your lovely yoke.” This prophecy of the universal dominion of France, is twice introduced in the prayer of Charles, who concludes by intreating Heaven to punish him and not his people. The image of the King of Kings made its face shine with a sudden flash; and Charles, at this prodigy, redoubled his supplications. Beyond the fiery walls which inclose the world, centred in profound splendour, God reposes in himself, a triple person in one essence; supreme power, supreme wisdom, and supreme love united in Trinity. The fervent prayer of Charles penetrated the abyss of light. The Virgin Mary intercedes for him. God is appeased, declares that, to honour the sex of the Virgin, a Virgin shall save France, and sends an angel to the forest of Ardenne to inspire the chosen Maid.

Sur les confins douteux de France et de Lorraine,
Une espaisse forest s'avance dans la plaine,
Où des arbres chenus les troncs desmesurés
Sont, malgre mille hyvers, par le Temps reverés.
Sous leur branchage courbe, et leur feuille touffuë,
L'or des rayons du jour ne frappe point la veue,
Et le brillant soleil, quand plus fort il reluit,
N'en sçait point escarter les ombres de la nuit.
Là domine la Paix, là le Repos habite ;
Là, ni meute, ni trompe, aucun bruit ne suscite,
Là, les rampans ruisseaux coulent sans murmurer,
Et là, le plus doux vent n'oseroit souspirer.
A l'abord de ce bois, d'une soudaine crainte,
Les errans voyageurs sentent leur ame atteinte;
Et, cent fantosmes vains à tous coups se formant,
Passent ses noirs sentiers avec fremissement.

En cet affreux sejour, une modeste Fille,
L'honneur de son pays, et l'heur de sa famille,

Sous le tranquille abry des ombrages couverts,
Adore incessamment l'Autheur de l'Univers.
Un troupeau de brebis, ainsi qu'elle, innocentes,
Occupe de ses ans les forces impuissantes ;
Dans ce simple exercice elle regne en ces lieux ;
Mais son cæur a, pour but, de regner dans les Cieux.
La grandeur du Tres-haut est son object unique ;
Elle en repaist le feu de son amour pudique,
Et par les vifs elans de sa devote ardeur,
Monte jusqu' á sa gloire, et soustient sa splendeur.

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Sur le lion bruslant l'astre de la lumiere
Marchoit avec lenteur dans sa longue carriere,
Et racourcissant l'ombre, en rallongeant le jour,
Eclairoit aux mortels, du plus haut de son tour.
L'Ange, en ce mesme temps, vient, d'une aile legere,
Porter le grand message à la sainte Bergere,
De pompe reveftu, de fplendeur couronne,
Et d'un globe de feu par tout environnè.
Plus pront que n'est l'eclair qui previent le tonnere,
De sphere en sphere il passe, et descend vers la terre ;
Le Monde voit sa cheute avec estonnement,
Et croit que le Soleil tombe du firmament.

Ainsi, lors que la nuit couvre tout de son voile,
On apperçoit souvent une brillante estoille,
Qui du Ciel se detache, et, se precipitant,
Trace l'air tenebreux d'un sillon eclatant.

Il tombe sur le bois, où la Fille medite;
L'ombrage s'en esloigne, et ces flammes evite ;
Il n'est tronc, ni rameau, qui n'en semble doré,
Et le fort le plus noir en demeure eclairé.
Ce nouvel accident interrompt sa priere,
De frayeur elle tremble, et sille ia paupiere;
Ses yeux perdent le jour, à force de clarté,
Et, d'un trouble inconnu, son coeur eft agité,
Du globe lumineux. qui brille autour de l'Ange,
Sort une voix alors, mais une voix estrange,
Dont le son plusqu’ humain, et les graves accens
Luy penetrent l'esprit, et ravissent les sens.

" Bergere," dit la voix, “ Pucelle juste et sainte, “ Calme ton tremblement, et dissipe ta crainte ; “ Du Monarque Eternel je suis l'Ambassadeur, “ Et te viens annoncer ta future grandeur. “Par ton bras, aujourd 'huy, l'auguste Providence “ Veut redonner la vie aux Peuples de la France, “Et, pour leur bien monstrer qu'ils la doivent aux Cieux, “ Te vient tirer du fond de ces sauvages lieux. “ Ton bras sera le bras du Grand Dieu des armées ; “ L'Anglois verra, par toy, ses forces consumées, “ Orleans deploré s'affranchira, par toy, “ Et, par toy, Rheims verra le Sacre de son Roy, “A ces faits merveilleux prepare ton courage ; “ La gloire du Tres-haut luira sur ton visage, "Et, sa vertu guerriere animant ta vertu, “ Fera mordre la terre a lAnglois abatu."

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