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CHIMIE MÉDICALE,

DE PHARMACIE, DE TOXICOLOGIE,

ET

DES

REVUE

DES
NOUVELLES SCIENTIFIQUES

NATIONALES ET ÉTRANGÈRES;

PAR LES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ DE CHIMIE MÉDICALE:

MM. BÉRAL, CHEVALLIER, DUMAS, FÉE, GUIBOURT,
LASSAIGNE, ORFILA, PAYEN, E. PÉLigot, G. PELLETAN, PELOUZE,

A. KICHARD, S. ROBINET.

TOME III – III SÉRIE.

PARIS.
LABÉ, LIBRAIRE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE,

PLACE DE L'ÉCOLE-DE-MÉDECINE, N° 4.

1847 .

JOURNAL
DE CHIMIE MÉDICALE,

DE PHARMACIE ET DE TOXICOLOGIE.

CHIMIE.

SUR LA PRÉSENCE DE L'ARSENIC ET DU CUIVRE DANS UNE ...

SOURCE FERRUGINEUSE DU PARC DE VERSAILLES, ET SUR LE
RÔLE CHIMIQUE DES MATIÈRES ORGANIQUES CONTENUES DANS
LES EAUX FERRUGINEUSES DES TERRAINS DE SÉDIMENT ;

Par Ad. CHATIN, docteur ès sciences (1).
La découverte faite par M. Walchner, et déjà confirmée par
M. Figuier pour l'eau de Wiesbaden, du cuivre et de l'arsenic
dans les eaux ferrugineuses de l'Allemagne, préoccupe vive-
ment les esprits, qui en ont bien vite saisi les conséquences
pour la thérapeutique et la toxicologie. Mais il importait moins
de confirmer des résultats que protégeait suffisamment la juste
répulation de leur auteur, que de rechercher s'ils étaient parti-
culiers aux sources d'outre-Rhin, ou si, ce qui était plus proba-
ble, ils se reproduisaient en d'autres contrées. C'est ce qu'a

(1) Des essais faits, par le procédé de M. Walchner, sur 93 grammes de chrénate de fer sec, provenant des sources des eaux de Forges, et représentant neuf cent trente bouteilles de cette eau, n'ont pas fourni la moindre trace d'arsenic, à l'aide de l'appareil de Marsh. .

Ce chrénate contenait des traces de cuivre, mais la quantité trouvée sensible aux réactifs était impondérable..

(Essais faits en novembre 1846.)

A. CHEVALLIER.

compris M. Flandin quand il s'est livré, sur l'eau de Passy, aux recherches dont il a récemment communiqué les résultats à l'Académie des sciences. Toutefois, comme il n'avait opéré que sur quelques litres d'eau, et que M. Walchner dit expressement n'être arrivé à des résultats probants, qu'en opérant sur de grands volumes de liquide, ou mieux, en soumettant à l'analyse les dépôls qui se produisent au point d'émergence des sources, il était impossible de regarder ces premières recherches de M. Flandin comme tranchant la question de la nalure cuprifère ou arsénifère de l'eau de Passy.

Un travail que je viens de faire sur un poids assez considerable (2 kilogr.) de ces dépôts (1), que j'ai dus à l'obligeance de M. Luquinze, régisseur de MM. Delessert, propriétaires des eaux de Passy, ne m'ayant permis de déceler ni la présence de l'arsenic ni celle du cuivre (2), ou peut aujourd'hui regarder comme très probable, sinon comme certain, que ces eaux ne renferment aucune des substances toxiques précitées.

Le fer contenu dans l'eau de Passy (sources nouvelles) est combiné à l'acide sulfurique et provient de l'oxydation des pyrites; celui que renferment les eaux analysées par M. Walchner s'y trouve, au contraire, à l'état de carbonate et provient de l'action de l'acide carbonique de l'eau sur l'oxyde de fer qui fait partie du sol. Des recherches ultérieures apprendront si la nature arsénifère, ou non, des eaux minérales, n'est pas liée à ces états différents du principe ferreux. En allendant, voici un fait qui vient à l'appui de cette conjecture, en même temps qu'il permet d'étendre à l'une des sources ferrugineuses de

(1) Ils provenaient de la source nouvelle, n° 3; je me propose d'analyser, quand j'aurai pu en recueilir en quantité suffisante , ceux de nature différente que forment les sources anciennes.

(2) J'ai obserté des indices de cuivre, mais si faibles, que je n'ose me prononcer pour l'affirmative.

France, siluée dans le parc même de Versailles, les résultats obtenus par M. Walchner (1). Une quantité considérable de boues ferrugineuses, que j'aperçus l'été dernier dans les fossés du petit Trianon, fixèrent alors mon altention sur une source qui sort du mur de clôture, et qui, abandonnée et ignorée aujourd'hui, était autrefois entourée d'une certaine célébrité, ainsi que l'altestent les traditions, son bassin de pierre, placé dans l'épaisseur du mur, et les gonds rouillés de la porte qui en défendait l'accès. L'abundance des boues (j'en trouvai environ 1 hectolitre dans le bassin récipient) rendant possibles des opérations sur de grandes masses, je u'ai pas manqué une occasion aussi favorable de rechercher l'arsenic et le cuivre, dont j'ai constaté a présence, à plusieurs reprises. Voici le procédé, très simple, qui m'a le mieux réussi.

Après avoir dissous les boues ferrugineuses, riches en sulfate et en carbonale de chaux, par l'acide sulsurique (2) en léger excès, je précipite le sulfate de chaux par l'alcool ; j'évapore pour retirer l'alcool et je plonge dans la dissolution une lame de fer, sur laquelle le cuivre se dépose. La solution, additionnée d'une nouvelle quantité d'acide sulfurique, et plus tard, de quelques gouttes d'acide azotique, est évaporée à siccité pour détruire la matière organique, qui donnerait de la mousse et nuirait au dégagement des gaz dans l'appareil de Marsh. Il

(1) On peut généralement reconnaitre à la première vue, les sources dans lesquelles le fer est sulfate de celles où il est carbonaté. Les dépôts des premières sont durs, tartroïdes ou même pierreux, el leur cassule permet de distinguer les couches superposées qui les forment; les dépôts des secondes se présentent au contraire sous la forme de boues légères; ceux-là renferment du sous-sulfate ferrique, ceux-ci de l'oxyde ferrique libre ou à peine carbonate.

(2) Je regarde comme très important, dans la recherche de l'arsenic, d'éviter l'emploi de l'acide chlorhydrique.

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