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NOUVELLE LIBRAIRIE PARISIENNE
ALBERT SAVINE, ÉDITEUR

12, Rue des Pyramides, 12

1891
Tous droits réservés

DG 2187 .B32 75 112

4-16-41

AU

COMTE ROSELLY DE LORGUES

Cher et vénéré Comte,

Vous avez été l'ami des dernières heures de celui à qui ce livre est consacré, l'ami des premières heures de celui qui a puisé dans une profonde et respectueuse affection le courage, peut-être présomptueux, de l'écrire. Vous avez été l'ami et l'hôte de notre grand d'Aurevilly, qui aimait en vous le cour autant que l'esprit : ce cour de gentilhomme toujours ouvert aux sentiments de foi, de généreuse ardeur, de dévouement, de sacrifice, de patriotisme; cet esprit toujours occupé des hautes spéculations de l'intelligence,

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adonné aux études les plus sérieuses, d'un libéralisme pondéré, d'une admirable rectitude. Cecaur et cet esprit inspirèrent à Pie IX, de sainte et glorieuse mémoire, la tendresse dont il vous donna tant de preuves. Ce cour et cet esprit ont entrainé à votre suite les mille évêques du monde catholique, --- ce majestueux concile! qui, saluant en vous l'historien définitif de Christophe Colomb, le défenseur victorieux de sa mémoire, vous ont élu par leur suffrage le Postulateur de. sa Cause de béatification.

C'est par votre livre sur Christophe Colomb, - une des pages mémorables qu'aura produite l'histoire en notre siècle de revision historique, que Barbey d'Aurevilly est venu à vous. Il connaissait déjà vos graves travaux antérieurs sur les questions importantes de la Commune, de l'école, de la rénovation sociale par la Religion. Mais votre magnifique étude du grand navigateur vous signala à son attention comme presque un prophète, et il le fut, lui, prophète, en disant que votre æuvre capitale était la base de cette prodigieuse réparation que, sous vos auspices, l'Eglise va accorder au calomnié de toutes les sectes.

Dès qu'il vous eût connu, Barbey d'Aurevilly vous aima. Il retrouvait en vous un contemporain de ses jeunes années, nourri des traditions

qu'il avait apprises, lui aussi, dès l'enfance, ct soumis à des croyances qui le faisaient votre frère, pour cette vie et pour l'éternité.

Il vous dédici l'un de ses livres, parce qu'il savait votre âme digne de comprendre et de juger ce qu'il y mettait d'intentions pures, de sincérité, de largeur de vues. Vous le lisiez avec un plaisir exquis, et vous le défendiez avec toute l'autorité de votre parole contre ceux qui en parlaient gèrement, ne l'ayant point lu, ou l'ayant mal compris.

Ii cut même l'honneur de partager avec vous la gloire de certaines basses persécutions et de certaines haines, qu'il a pardonnées à son dernier jour, comme vous-même les avez déjà pardonnées, dans la noble et puissante sérénité d'une vieillesse que Dieu prolonge, pour vous récompenser par la jouissance de votre cuvre.

Quant à moi, je ne veux point énumérer ici tout ce que je dois de gratitude à votre paternelle bonté. Mais je puis dire que vous m'avez traité comme un ami préféré, que j'ai reçu vos leçons, et que j'ai tâché de profiter de vos exemples. A la même table, bien souvent, nous nous sommes trouvés réunis, Barbey d'Aurevilly, vous et moi, avec d'autres convives couronnés de cheveux blancs : mais, le plus jeune, ce n'était pas le dernier parmi nous, et tous les cours qui bat

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