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B.-H. G.

son ensemble et de séduire par ses éléments. teur français qui sait combien la politique anQue de renseignements précieux, curieux, il glaise était alors mêlée, ouvertement ou occulteexhume et met en lumière, 'sur l'instruction po ment, à tout ce qui se passait en France. Le pulaire et l'organisation des universités, sur l'art journal de Charles Gréville a, lors de son appaet la vie populaire, sur la vie et les travaux des rition en Angleterre, été analysé et commentéparla agriculteurs ! C'est une reconstitution précise de presse du monde entier, et il est inutile d'y revel'existence de ces temps, qui paraissent coup sur nir ici. Il ne reste qu'à constater que M" Marie. coup si lointains et si voisins, selon le parcours Anne de Bovet a rempli sa tâche de traducteur des idées.

avec un talent remarquable, et que le livre mérite Le premier volume prend l'état intellectuel de d'être accueilli comme un service rendu à tous l'Allemagne au déclin du moyen âge, en 1472, ceux qui étudient l'Europe dans son histoire nous mène presque vers l'an 1518, caractérisé d'hier pour y démêler les lois de sa marche en par la propagation de la Bible entre les mains de avant et prévoir, autant que possible, ses destitous; le second s'ouvre par le tableau des pre nées de demain. mières crises revolutionnaires qui précèdent la diete de Worms en 1521, il poursuit jusqu'après

Un complot sous la Terreur : Marie-Antoi. l'insurrection en Thuringe en 1525, et marque les nette, Toulan, Jarjayes, par PAUL GAULOT, premiers effets de la révolution sociale en Alle

avec six portraits et fac-similé. Paris, Ollenmagne.

dorff; 1889. Un vol. in-18. Prix : 3 fr. 50. L'ouvrage est complété par des tables parfaite. ment dressées des sources consultées, des noms M. Paul Gaulot, qui a commencé par le rogéographiques, des personnages cités, de façon man et par le théâtre de société, poursuit par que dans ce monument, composé de six volumes l'histoire. Après le Mariage de Jules Lavernat, de plus de cinq cents pages chacun, la recherche l'Illustre Casaubon et le Chemin, que disait si d'un détail même secondaire est facile.

bien Mile S. Reichemberg, il publie aujourd'hui Ajoutons que le traducteur est d'une con Un Complot sous la Terreur, où il a compulsé à science scrupuleuse; et qu'au mérite de la fidé fond l'imprimé et l'inédit. Il est vrai que le sujet lité au texte, il ou plutôt elle, car si j'ai bien pourrait prêter au roman et au drame. Il s'agit compris une lettre de bénédiction du pape re de l'emprisonnement de Marie-Antoinette au produite en tête, E. Paris est une dame – joint Temple et des tentatives d'évasion qui eurent celui d'un style agréable et vigoureux à la fois. pour auteurs Toulan et le chevalier de Jarjayes,

entre ces deux dates sanglantes : la mort du roi,

le 21 janvier 1793, et celle de la reine, le 16 00Les Quinze premières années du règne de

tobre. Elles échouèrent, l'on peut dire malheula reine Victoria. Souvenirs d'un témoin reusement pour la République, à laquelle leur oculaire, extraits du journal de Charles C. F.

succès aurait évité une cruauté inutile. MarieGRÉVILLE, secrétaire du Conseil privé, traduits

Antoinette, réfugiée à Vienne avec son fils et sa et annotés par M. Marie-Anne de Bovet. Pa fille, n'eût pas été plus redoutable pour la Conris, Firmin-Didot et Cic; 1889. Un vol. in-18.

vention que Louis XVIII à Vérone ou à Blaken

bourg. Tout au contraire, la loyauté légitime, La maison Didot vient d'ajouter à sa Collec représentée par un enfant sous la tutelle d'un tion de mémoires, – rappelons en passant la régent ou d'une régente, peut-être attaquée elle« Bibliothèque des mémoires relatifs à l'histoire même

par

les ambitions d'un comte de Provence, de France », qu'elle a publiés en vingt-huit vo d'un d'Orléans ou d'un Condé, eût été encore lumes in-18, sous la direction de M. Barrière, plus faible contre la Révolution qu'elle ne le fut la traduction d'un livre qui a fait sensation de dans les insurrections de la Vendée et du Midi. l'autre côté du détroit, les extraits du journal de Quoi qu'il en soit, c'est là un épisode des plus . Charles C. F. Gréville se rapportant aux quinze curieux de l'histoire de la Révolution, et que premières années du règne de la reine Victoria, M. Paul Gaulot a beaucoup éclairci, grâce à des c'est-à-dire allant de juillet 1837 à la mort de billets inédits de Marie-Antoinette, dont il a eu Wellington, en septembre 1852. La période est communication, et à de nombreuses pièces proexcessivement intéressante pour notre histoire venant des Archives nationales, en particulier nationale, comme on le voit : les dix dernières une série de lettres piquantes, familières, origiannées du règne de Louis-Philippe, la révolution nales, figurant au dossier de Toulan. de février, la seconde république et l'élévation Né à Grenoble, le 24 mars 1745, Françoisdo Louis-Napoléon, voilà de quoi attirer le lec- | Augustin-Renier Pelisson de Jarjayes, neveu du

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lieutenant général de Bourcet, dont il fut l'aide les histoires du règne de Louis-Philippe ne sont de camp de 1769 à 1779, était colonel au début pas nombreuses. Celle de Louis Blanc, continuée de la Révolution. Son mariage avec Émilie Quet pour les huit dernières années par Élias Régnault, pic de Laborde, une des douze premières femmes écrite au cours même des événements, est plus de chambre de la reine, l'avait introduit dans éloquente qu'impartiale; celle de M. de Novion l'intimité de la famille royale. Se refusant à émi est restée inachevée. M. Thureau-Dangin, qui grer, il resta un des derniers serviteurs de la mo est entré il y a quelques années dans la lice, est narchie. En 1791, le roi l'avait nommé maréchal loin encore d'avoir terminé son cuvre. M. Paul de camp, et peu après chargé d'une mission au Perret, dont le récit est excellent, plein de science près du comte d'Artois, à Turin. Ce fut lui qui et de qualités littéraires, était le dernier venu. devint l'intermédiaire entre la reine et Barnave, M. Ernest Hamel augmente aujourd'hui cette rattaché à la cause royale. Il est aux côtés du liste. Par ses idées, sa conduite, M. Hamel se roi au 10 août, et l'accompagne dans la loge du rattache au parti qui a compté Louis Blanc parLogographe. Avant de se séparer de lui, Louis XVI miles siens. Mais son Histoire du règne de Louislui donna l'ordre de ne pas quitter Paris. Il fut Philippe se distingue de celle de son devancier fidèle à la promesse qu'il fit alors, et n'épargna par une impartialité plus haute. Cette qualité rien pour essayer de sauver plus tard la reine et n'est pas tout à fait celle que l'on semblait devoir ses enfants. François-Adrien Toulan avait eu de attendre de l'historien, ou plutôt du panegyriste toui autres commencements. Né à Toulouse, en de Robespierre et de Saint-Just: aussi se remar1761, marié en 1787, il était venu, cette année que-t-elle d'autant plus dans sa nouvelle cuvre. même, s'établir libraire à Paris, aux environs du Est-elle cependant absolue? On pourra le concouvent des Feuillants, près les Tuileries. Ce tester. Mais le débat durera longtemps, peut-être fut lui qui, le 30 juin 1789, fit, au café de Foy, toujours. En montant sur le trône, le duc d'Orla motion d'aller délivrer les onze gardes fran léans dut se résigner à être un sujet éternel de çaises détenues à l'Abbaye, et qui se mit à la tête dispute pour la morale et pour l'histoire. En de la foule qui alla les délivrer. Nommé peu acceptant une couronne arrachée à son parent, après président du district du Louvre; tour à qui avait été aussi son bienfaiteur, ce prince a pu tour employé au Bureau des biens des émigrés, dire, et les historiens pourront dire après lui, qu'il fondateur d'une société pour la liquidation de s'est sacrifié à la patrie, qu'il a préféré le salut ces biens, il figure au 10 août parmi les assail public à lui-même. Malheureusement, c'est là un lants du palais des Tuileries; c'est ainsi qu'il fut de ces sacrifices qui ne portent pas assez en euxélu, le 29 août, membre de la première commune mêmes le caractère du désintéressement pour de Paris, et devint, comme tel, commissaire pour supprimer tous les doutes. Les royalistes et les serveiller les prisonniers du Temple. Personne républicains ont eu ces doutes, et nous ne devons n'avait alors une réputation mieux établie de pas nous étonner que le livre de M. Ernest Hacivisme révolutionnaire. La vue des prisonniers mel en porte la trace. Un des malheurs de Louisen fit un de leurs plus habiles et dévoués défen Philippe fut aussi de n'être pas servi par des âmes seurs. Il paya ce dévouement de sa tête. Après assez hautes. Plus d'un de ses ministres auraient avoir réussi d'abord à déjouer les recherches, pu éviter de grandes fautes politiques en adoptant s'être réfugié à Bordeaux, il fut arrêté le une conduite plus généreuse, plus magnanime. 25 mars 1794, ramené à Paris, jugé par le tribu L'affaire de la duchesse de Berry fut menée avec nal révolutionnaire, et exécuté le 30 juin, vingt une dureté singulière, que ne justifie pas la raison sept jours avant le Neuf Thermidor, qui l'eût politique. Les hésitations du gouvernement dans sauvé. Quant à M. de Jarjayes, réfugié à Turin, l'æuvre de la conquête et de la colonisation de il rentra en France sous le Consulat, fut nommé l'Algérie furent longtemps funestes à cette cuvre, lieutenant général par Louis XVIII, en 1815, et qui sera la grande cuvre politique de la France mourut le 11 septembre 1822. Sa femme, qui au xixe siècle. Il est vrai que la faute en fut plus avait été emprisonnée, sous la Terreur, au couvent encore aux Chambres qu'au Roi. L'on sait avec des Anglaiscs, lui survécut jusqu'au 23 juin 1837. quelle parcimonie la majorité accordait les cré

dits nécessaires à nos soldats et à nos colons. Il Histoire du règne de Louis-Philippe, faisant ne dépendit pas d'elle que la France ne renonçat suite à l'Histoire de la Restauration, par ERNEST

à cette colonie ou du moins ne conservât sur le Hamel, t.ler. Paris, Jouvet et Cie, 1889. Un vol.

sol algérien que deux ou trois ports, où bientôt in-8°, orné de gravures sur acier. - Prix : 8 fr.

nos compatriotes eussent été bloqués par les indiChose assez étrange pour un règne qui date gènes et réduits à végéter éternellement. de quarante et un ans près d'un demi-siècle L'histoire de M. Ernest Hamel formera deux

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BIBL. MOD.

XI.

E. C.

volumes. Le premier paru comprend sept années, le sort des émigrés errant sur le sol étranger. A et se termine au mariage du duc d'Orléans et à la cette première source d'intérêt la famille de la prise de Constantine. Cette période fut l'époque marquise de Montagu a joint une correspondance difficile du gouvernement de Juillet; celle des avec ses sœurs et ses amies, qui complète le jourémeutes sans cesse renaissantes, des attentats nal et supplée à plusieurs de ses parties aujourpersonnels contre le roi. Mais c'est celle aussi où

d'hui perdues. le roi fut le plus populaire parmi cette bourgeoisie Cette édition des Mémoires est donc « nouqui l'avait couronné et qui jusque-là se recon velle » en effet. Et elle retrouvera auprès du grand naissait en lui. A partir de 1840 le gouvernement public le succès, mais élargi, que la première semble devenir plus facile pour Louis-Philippe. obtint auprès du petit nombre de lecteurs et de La rue n'est plus troublée par l'émeute: la majo- | lectrices qui en eurent la primeur. rité dans la Chambre est devenue plus nombreuse, plus compacte, et cependant c'est alors que se déve

Défense de Dantzig, en 1813. Journal de loppent les causes qui devront aliéner à la monar

siège, journal personnel et notes du général chie de juillet cet esprit de la bourgeoisie qui lui

de division de Campredon, commandant le avait été jusque là si favorable. Issu d'une révolu.

génie du 10° corps. Lettres diverses. Annotés tion, Louis-Philippe était, par son principe, con

et publiés par CHARLES Auriol. Un vol. in-18, damné à agir toujours dans le sens révolution

312 pages et 2 cartes. Paris, librairie Plon, 1888. naire; le jour où il s'arrêta résolument dans cette voie, fut le premier jour de sa décadence. Dans Plus encore que les gens occupés à toujours le premier volume de l'histoire de M. Ernest Ha lire, les personnes qui ne lisent jamais se plaimel, la lutte est encore ardente, sanguinaire entre gnent volontiers du débordement sans arrêt de les républicains déçus de 1830 et le gouverne la continuelle avalanche de l'imprimé. Ce semment: mais par cela même la bourgeoisie, qui se blant de paradoxe est l'expression de la vérité sent menacée par l'émeute, reste fidèle à celui-ci. même; en effet, tandis que les fidèles de la lecMais elle lui fera défection quand la question, ture font instinctivement leur choix, les profanes ostensiblement du moins, ne se posera plus entre ne savent où se prendre dans ces masses conla royauté et la république, mais entre la royauté fuses et troublantes de livres. Et voilà que, de nos et la réforme. La bourgeoisie voulut alors la jours, à l'inondation quotidienne des auteurs réforme, elle eut la république. Ce premier contemporains s'ajoute la non moins quotidienne volume est plein d'enseignements, et l'auvre réapparition, sous toute forme, des ouvrages de M. Ernest Hamel, bien que celle d'un répu- d'autrefois. Le chiffre en est incalculable aussi, de blicain convaincu, permet d'apprécier ces sept ceux-là; car on peut dire de la littérature ce années de règne à un point de vue plus général ; qu'un moraliste a dit de l'humanité, qu'elle comc'est là un de ses principaux mérites.

prend plus de morts que de vivants. Parmi ces

revenants du livre, nous avouons notre faible Anne-Paule-Dominique de Noailles, mar

pour les souvenirs des grandes guerres impéquise de Montagu. Ouvrage accompagné

riales, écrits par les acteurs eux-mêmes de d'un portrait en héliogravure, nouvelle édition, l'Épopée, et, dans cet ordre, nous nous voyons Paris, 1889, librairie Plon. Un vol. in-8°, – servis à souhait, par cette publication des docuSe vend au profit des pauvres. Prix: 7 fr. 50.

ments militaires du lieutenant général de Camp

redon. Les états de service de cet officier sont Les enfants de madame de Montagu avaient simplement admirables. La Défense de Dantzig déjà fait imprimer pour le cercle restreint de sa en 1813 est une des plus nobles pages de cette famille et de ses amis les Mémoires de cette fin du triomphe napoléonien, où le génie d'un femme remarquable à tant de titres. Le succès homme unique dans l'histoire et l'enthousiaste fut tel que dans une pensée de charité ils ont énergie de ses braves eurent des éclats plus beaux décidé de publier la présente édition. Ces souve encore, s'il est possible, que les rayons eux. nirs ne sont pas seulement édifiants par le spec mêmes du soleil d'Austerlitz. Le héros dont l'iltacle des plus hautes vertus pratiquées par une lustre nom se lie à l'histoire de cette défense et nature pieuse et forte. Il s'y ajoute l'intérêt puis la contient presque, n'est pas moins que ce gesant des événements auxquels elle a été mêlée. néral comte Rapp, une des grandes figures de la Jeune encore en 1789, elle dut émigrer. Et ce qui grande armée. Un trait émouvant est évoqué par. nous arrête et nous attache, en ces pages, le nom de ce fier et bon soldat. Lorsque parvint c'est qu'elles nous montrent un des aspects les à Paris la nouvelle de la mort de Napoléon, dans moins connus de la Révolution : l'émigration et l'hiver de 1821, Rapp la reçut, cette nouvelle,

E. A.

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sous les yeux, en la présence même de Louis XVIII, | Dantzig fut confié par Napoléon au général Rapp, et malgré ses efforts pour se contenir, il fondit en dont l'empereur connaissait les talents, l'inlarmes. La réponse du roi, dans cette occasion, fluence sur les troupes et le dévouement au dralui fit plus d'honneur que l'exécution du maré peau. L'ouvrage du général de Campredon, l'un chal Ney. Nous avons lu jadis un recueil de des héros de cette défense (« J'ai fort à me louer Mémoires attribués à Rapp. Napoléon nous y est | du général de Campredon », écrit Rapp à l'emrendu, pour la millième fois, dans les souvenirs

į pereur), comprend cinq parties : avant le blocus; d'un de ceux qui l'ont approché de plus près et le blocus; l'armistice; le siège; la capitulation. que l'empereur a le plus aimés. Ces mémoires ne Il ne fallut pas moins d'une année à l'ennemi sont pas de la littérature; mais c'est de l'assez vainqueur et ravitaillé pour venir à bout de la bonne matière première pour l'histoire. Après le forteresse conquise et perdue par nous en moins désastre de 1812, le 10° corps de la grande armée de sept années. Cette défense est un des beaux opéra sa retraite de la Dwina sur Dantzig, an épisodes de l'histoire militaire du siècle; mais à cienne et pittoresque ville de la province de notre honneur seulement... car il débute par la Prusse, point stratégique et centre commercial défection, on peut dire par la trahison du génédéjà renommé il y a douze siècles, et disputé sou ral d’Yorck, chef du corps d'armée prussien, et vent entre les Danois, les Suédois et l'ordre Teu- | s'achève par le manquement des Russes aux tonique. Menacé par la marche des Russes, | clauses les plus nettes de la capitulation. L. D.

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Iconographie bretonne, ou liste de portraits, rette, 1886, – les Françaises du xvirie siècle,

dessinés, gravés ou lithographiés de person- | 1887, etc.), n'a rien négligé pour faire d'un nages nés en Bretagne ou appartenant à l'his simple catalogue de portraits, d'ailleurs fort toire de cette province, par le marquis DE luxueusement édité, une œuvre attrayante autant GRANGES DE SURGÈRES, correspondant de la qu'instructive et utile. Souvent nous avons Société nationale des antiquaires de France. exprimé ici cette idée que la biographie propre. Tome deuxième et dernier. Rennes, J. Plihon ment dite est inséparable de toute bibliographie et L. Hervé, et Paris, Alphonse Picard; 1889. sérieuse; cette opinion, dont de récents travaux Grand in-8° de viii-376 pages, tiré à 400 exem ont démontré la justesse, est partagée par M. de plaires numérotés, dont 50 sur papier de Hol- | Surgères qui en a étendu l'application à l'étude lande. – Prix : 20 francs et 40 francs.

iconographique. Il faut constater, en effet, que

s'il n'a point donné à son livre le sous-titre de Lors de la publication du premier volume, Biographie bretonne, on ne peut méconnaître nous avons, l'an passé, parlé déjà de ce très inté que cet excellent travail constitue le plus comressant ouvrage. Le voici terminé et son second plet et le plus récent supplément à toutes les tome confirme pleinement les impressions favo- biographies générales de cette province. . rables que nous avaient suggérées le premier. LIconographie bretonne, fruit de plusieurs anM. le marquis de Surgères, dont la compétence nées de recherches patientes et assidues, est un en matière d'histoire de l'art et d'iconographic bon livre, un livre consciencieux, un livre de est attestée par diverses publications de grande bonne foi dans toute l'acception de ce terme; car valeur (telles que, par exemple, les Portraits de tous les portraits qu'a décrits l'auteur, il les à La Rochefoucauld, 1882, - les Portraits de Cha. | vus, toutes les notices qu'il a rédigées, il les a

composées, non pas, comme on le fait trop sou brité assez enviable et qui n'est pas à la portée vent aujourd'hui, en s'inspirant des ouvrages déjà de tout le monde. publiés, mais en remontant directement et scru Si le temps et l'espace le permettaient, il serait puleusement aux sources originales. Grâce au facile de glaner dans l'Iconographie bretonne nombre et à l'importance de ces notices biogra maintes particularités curieuses ou piquantes; phiques, inédites pour la plupart, ce livre ne s'a mais ce n'est point ici le lieu de se livrer à celle dresse pas seulement aux amateurs de gravures, agréable enquête, et il vaut mieux laisser au lecil intéresse aussi au plus haut point les curieux teur le plaisir de faire lui-même de fort attrayantes et les travailleurs de tout ordre.

découvertes, ne fût-ce, par exemple qu'à l'article

Boulanger (Georges-Ernest-Jean-Marie), le généMieux qu'une longue description, les quelques ral fameux qui fait si grand bruit actuellement. chiffres qui suivent permettront de comprendre Les amis du « brav' général » y apprendront avec la valeur et d'apprécier l'utilité du bel ouvrage de joie que, depuis 1884 jusqu'à ce jour, on ne M. de Surgères. On y trouve près de 1,200 noms compte pas moins de trente-neuf portraits du de personnages nés en Bretagne ou appartenant héros, et dans ce chiffre ne sont comprises ni à l'histoire de cette province, dont les portraits les photographies, ni les caricatures! sont décrits et qui sont en même temps l'objet En résumé, l'euvre de M. le marquis Granges d'une notice biographique, sobre, concise, mais de Surgères est excellente à tous égards, et on pleine de faits et d'indications toujours soigneu ne peut que regretter qu'elle soit tirée à trop sement contrôlės. On y trouve aussi la descrip peu d'exemplaires, eu égard au nombre de cution d'environ 5,500 portraits; on y rencontre rieux, de gens de goût, de collectionneurs et encore plus de 5,000 dates citées, 2,000 sources d'érudits qu'elle intéresse également, quoique à indiquées, près de 3,500 noins de lieux, un nom des titres divers. bre presque égal de personnages divers, et prés de 1,000 mesures de portraits « relevées exacte

Répertoire général de bio-bibliographie ment au millimètre ». Enfin la table des noms

bretonne, par RENÉ KERVILER, bibliographe d'artistes, qui termine l'ouvrage, contient elle

breton. Cinquième et sixième fascicule (Becmême près de 2,000 noms, dont quelques-uns,

Bid). Rennes, J. Plihon et L. Hervé; 1888. très célèbres, sont répétés plus de cinquante fois

Deux vol. in-8° de 192 pages chacun. Prix : dans le courant du livre.

5 francs le fascicule. Après des chiffres si « éloquents », suivant l'expression en vogue, il semble superfiu d'insister Nous n'avons point à nous étendre longuesur l'attrait et les mérites de l’Iconographie bre ment sur cette admirable publication, dont nous tonne; il est cependant un point qu'il convient parlons pour la troisième fois et qui se poursuit de faire ressortir : ce ne sont point seulement de avec une régularité du plus heureux augure. grands personnages - princes ou grands sei. Bornons-nous, en confirmant tout le bien que gneurs, prélats éminents ou guerriers célèbres,

nous en avons dit et qu'elle mérite à tous points magistrats distingués ou brillants écrivains de de vue, à faire connaître son état actuel. tout ordre, belles dames ou saintes filles que Les cinq premiers fascicules, formant les deux M. de Surgères s'est attaché à réunir dans le premiers tomes de l'ouvrage, renferment les letcadre de son étude; il n'en a voulu exclure per tres A à Ber et comprennent 1,858 articles; le sonne, il a voulu être complet autant qu'on peut sixième fascicule, qui vient de paraître, n'en le souhaiter en pareille matière, et les personna contient pas loin de 400, soit en tout environ lités les plus humbles et les plus ignorées y ont 2,200 articles. Si l'on considère que nous voici été comprises et ont pris place au milieu des parvenus au huitième de l'æuvre, on voit que ce illustrations les plus connues.

précieux répertoire ne renfermera guère moins Qui s'attendrait, par exemple, à rencontrer im de 18,000 articles relatifs à autant de personnages médiatement après un glorieux soldat, tel que le originaires de Bretagne ou se rattachant à l'hismaréchal de France Castelnau-Mauvissière, le toire de cette glorieuse province. Ce sera, assunom d'un simple boucher, Jean Causeur, qui rément, le plus beau des travaux bio-bibliogran'eut d'autre titre à la célébrité qu'une longévité , phiques entrepris en notre temps. peu ordinaire, et qui, né vers les derniers jours On est vraiment émerveillé, en parcourant les du règne de Louis XIII, vécut assez pour voir pages

de cet inestimable inventaire, de la somme l'aurore de celui de Louis XVI? Certes, cent de labeur qu'il représente, et l'on peut se demantrente années de vie obscure ne sont pas un grand der si un seul travailleur, fût-ce l'infatigable titre de gloire; c'est toutefois un genre de célé. M. René Kerviler, même avec le concours de

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